L'Argentine passe par un moment très difficile où tous les jours ses lois, sa constitution, ses institutions sont violées par le nouveau gouvernement.
Bien qu'élu, Mauricio Macri procède comme s'il s'agissait d'un coup d'Etat. Il a mis en vacances le congrès et dirige le pays à coup de décrets (29 la première semaine).
Les journalistes sont mis à pieds, plus de 20000 employés publics renvoyés en un mois, les différents institutions indépendante (AFSCA (CSA argentin), L'archive national de la mémoire, où toutes les familles de disparus ont déposé les histoires de leur fils et filles, de frères, de père et mère, jusqu'à aujourd'hui dirigé par les organisations de droits de l'homme) font l'objet d'une usurpation par le gouvernement, alors que leur dirigeant n'ont pas fini leur mandat. On vous demande de nous aider à diffuser le plus amplement possible ce qui se passe en Argentine car la presse française occupée sans doute à chasser d'autres lièvres ne s'en fait pas écho. Comme par le passé, nous avons besoin de vous, merci d'informer et de faire circuler, nous sommes réellement très inquiets par la situation qui s'installe. H.I.J.O.S.-Paris
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H.I.J.O.S. réunit les filles et fils de disparus, d’assassinés, d’anciens prisonniers politiques et d’exilés de la dernière dictature militaire argentine. Nous nous revendiquons comme les enfants de cette génération qui luttait pour une société juste et solidaire. Nous nous battons pour vaincre l’impunité…Parce que seulement en construisant une société juste, on sera capable de répondre aux besoins du peuple. Et parce que dans cette lutte, vivent tous les jours, les disparus.
H.I.J.O.S est né en 1995 en Argentine pour exiger que tous les responsables des crimes contre l’Humanité commis dans les années 70 ( AAA, Force Armées, policiers, ecclésiastiques ou civiles), aillent en prison. Dans des vraies prisons et à perpétuité. H.I.J.O.S., dénonçant la non-justice, a élaboré l’ESCRACHE. Puisque la justice institutionnelle était impossible, jusqu’en 2003, nous avons développé cette dénonciation collective. Lors des “escraches”, avec les gens du quartier et les artistes qui nous accompagnent, nous réalisons une condamnation sociale qui investi le territoire du militaire-assassin, et s’achève en concentration devant son domicile, marqué à la peinture rouge… il s’agit de livrer au quartier le nom du tortionnaire, lire haut et fort son curriculum et rappeler les lois d’impunité dont il a bénéficié, pour être en liberté. ” Pour forcer le militaire à déménager, de quartier en quartier, jusqu’à la fin de ses jours “. En 2003 les lois de Point final et Obéissance Due ont été définitivement annulés par le Congrès, et la situation juridique a pas mal changée…en mieux. 30 ans de luttes des Mères et Grand-mères de la Place de Mai, presque une décennie d’existence de H.I.J.O.S., et 15 ans de vie des Anciens Détenus-Disparus (AEDD) ont réussi à ce qu’une partie importante de la “société ” argentine réclame la fin de l’impunité et ont poussé le gouvernement à cette annulation. Depuis, un certain nombre de procès avance, d’autres s’enlisent. N’étant pas regroupés, les procès dépendent de la volonté des juges, des accords politiques et, comme toujours, de la mobilisation.
AUJOURD’HUI, NOUS EXIGEONS QUE CES PROCES SOIENT REGROUPES ET AVANCENT, VITE !
H.I.J.O.S. est une association composée des enfants de portés disparus, assassinés, exilés et ex-prisonniers politiques de la dictature militaire, et d’autres jeunes qui s’identifient avec ces points basiques et une nouvelle manière de faire de la politique. Nous formons un réseau national et international, composé de ‘régionales’ à l’intérieur du pays et dans plusieurs pays d’amerique et d’europe. Depuis sept ans, nous travaillons pour reconstruire l’identité, pour la justice, contre l’impunité. Depuis les débuts et jusqu’à maintenant, nous avons mûri dans notre manière de penser et dans les formes que nous avons trouvées pour porter nos idées vers une pratique politique. Dans les divers Rencontres Nationales, qui ont eu lieu chaque année depuis 1995 à aujourd’hui, en débattant et en évaluant ce qui a été faits à chaque niveau nous avons atteint différents consensus, lignes politiques, que nous appelons Points Basiques. RESTITUTION DE L’IDENTITE DE NOS FRERES APROPRIES
Plus de 500 enfants sont nées pendant l’emprisonnement de leurs mères dans les camps de concentration qui ont fonctionné en argentine durant la dictature, ou ont été volés du sein de leur famille quand leurs parents ont été séquestrés. Ces enfants, aujourd’hui des jeunes gens, ont été donnés à des militaires et à leurs amis, ou laissés aux institutions comme s’ils avaient été abandonnés. La majorité d’entre eux ne connaît toujours pas son identité, et ne sait pas que leur véritable famille les cherche depuis plus de 25 ans. Parce que nous nous assumons comme les enfants de chaque militant persécuté, nous embrassons l’idée, d’ensemble, de trouver tous leurs enfants disparus, nos frères. JUGEMENT ET CONDAMNATION DES GENOCIDES, DE LEURS COMPLICES, DES BENEFICIAIRES, ET DES INSTIGATEURS
Nous recherchons la condamnation sociale, pour ensuite, a l’aide de la pression populaire réussir à mettre en prison avec condamnation à perpétuité tout et chaque responsable du génocide qui a été commis pendant la dictature. NOUS REVENDIQUONS LA LUTTE DE NOS PARENTS ET DE LEURS COMPAGNONS POUR UN PAYS JUSTE ET SOLIDAIRE
Nous revendiquons la lutte de toute cette génération, au-delà de la position depuis laquelle chacun a choisi de la mener ou de la forme qu’elle a prise. Nous les revendiquons avec une position critique, afin de pouvoir comprendre les processus qui ont eu lieu pendant les années soixante et soixante-dix, afin de pouvoir apprendre de ces expériences, et afin qu’elles nous servent dans ce présent pour construire notre futur. NOUS LUTTONS CONTRE LA THÉORIE DES DEUX DÉMONS
Aux débuts de la démocratie, vers 1983, ceux qui ont mené les enquêtes et le célèbre procès contre les juntes militaires ont appuyé leurs actes sur la soit disant “théorie des deux démons”, qui met sur un pied d’égalité ceux qui luttèrent et furent portés disparus, assassinés, emprisonnés et exilés, avec ceux qui, depuis l’état, ont utilisé tous les moyens imaginables et inimaginables pour les combattre. La seule distinction qu’ils font est que ces derniers ont commis des “erreurs et des excès” pour lesquels ils devaient être jugés. Nous luttons contre cette théorie, car elle est menteuse et perverse, car elle dit “plus jamais ça” aux militaires et aux militants, comme s’ils étaient tous deux des maux démoniaques qu’il faut combattre. RECONSTRUCTION DES LIENS SOLIDAIRES DETRUITS PAR LA DICTATURE
La disparition forcée de personnes et d’organisations entières, avec la terreur que cela colporte, à rompu les réseaux qui unissaient le camp populaire et le faisaient fort. La conclusion de que faire quelque chose avec les autres pouvait mener à la mort, s’est installée profondément dans notre société. Nous essayons de faire notre apport pour réparer ce tissu social sans lequel aucun réel changement ne sera possible dans notre pays. DEMANTELLEMENT DE L’APPAREIL REPRESSIF
Non seulement les tortionnaires et génocides qui composent les forces répressives n’ont pas été punis, sinon qu’ils occupent encore leurs postes, et ils continuent dans de nombreux cas à commettre les mêmes atrocités que pendant les années de la dictature. Il se produit encore, dans la démocratie, des disparitions, des “bavures”, des tortures dans les commissariats. L’armée et la police, au sein de leurs groupes de tâches, ont utilisé la méthode nazie d’impliquer à chacun de leurs intégrants pour que personne ne puisse ensuite dire qu’il “n’a rien eu à voir avec tout ça”. C’est pour cela qu’il est faux de dire qu’il y a “des bons et des mauvais” policiers ou militaires. Nous exigeons donc la dissolution de l’appareil de répression, dans sa totalité. HORIZONTALITE ET VOLONTE DE CONSENSUS
Depuis que H.I.J.O.S. s’est formé, nous avons décidé de fonctionner de façon horizontale, sans délégués ni représentants ni dirigeants, sans laisser entre les mains de personne ni les décisions ni le compromis de chacun à apporter pour que cette organisation fonctionne. C’est pour cela que nous décidons tout au cours de l’assemblée à laquelle nous participons tous et toutes, et le respect de ces décisions est fondamental. Nous disons que nous avons la volonté de trouver un consensus car nous ne votons pas, ce qui signifie que nous délayons les décisions aussi longtemps que nécessaire de manière à ce que nous en soyons tous convaincus. Jusqu’il y a quelques années ceci était pour nous une méthode de travail, mais lors d’une Rencontre Nationale nous avons décidé d’en faire un Point Basique car il ne s’agit pas seulement d’une manière de fonctionner, mais aussi d’une manière de concevoir la politique que nous tentons de mettre en pratique chaque jour. LIBERTÉ POUR TOUS LES PRISONNIERS POLITIQUES ET NON-LIEU POUR TOUS LES MILITANTS SOCIAUX
Le système utilise différentes méthodes pour que les gens ne s’organisent pas et ne luttent pas pour leurs droits. Une d’entre elles est l’utilisation des lois et l’emprisonnement ou la mise en examen de ceux qui luttent, comme un terrible exemple de ce qui attend les autres s’ils les rejoignent dans la lutte. Nous pensons qu’il est indispensable de lutter pour que tous recouvrent leurs libertés. INDEPENDANCE DE N’IMPORTE QUEL PARTI POLITIQUE, ORGANISATION OU INSTITUTION
Nous sommes une organisation indépendante et autonome. Nous ne recevons de fonds ni de l’état ni d’aucun parti ni d’aucune organisation. Toutes nos actions, déclarations, pensées et omissions sont de notre entière responsabilité. Nous partageons des positions et avons des désaccords avec beaucoup d’organisations. Nous faisons des actions en commun avec celles avec qui nous unie la même lutte et nous prenons nos distances par rapports a celles qui sont contraires à nos idées. Mais pour nous il est indispensable d’être indépendants et de conserver l’identité que nous avons construit au cours de ces années de lutte.