MEXICO
Récompense de 3,8 millions de dollars pour la capture de "El Chapo"
Le gouvernement mexicain va offrir une récompense de 3,8 millions de dollars pour la capture du baron de la drogue en cavale Joaquin "El Chapo" Guzman, a annoncé lundi soir le ministre de l'Intérieur Miguel Angel Osorio Chong."El Chapo", l'un des narcotrafiquants les plus puissants au monde qui s'est échappé samedi soir de la prison de haute sécurité d'Altiplano, "a sans doute bénéficié de complicités" au sein de l'établissement, a ajouté le ministre. "Si c'est bien le cas, il s'agit d'un acte de trahison".
Trois responsables de haut niveau de cette prison, située à 90 kilomètres de Mexico, ont été limogés et une trentaine d'employés sont actuellement interrogés, a-t-il indiqué. Une photo récente de Guzman a été montrée sur laquelle le criminel apparaît sans moustache, les cheveux rasés. Le ministre a promis de diffuser également les images de vidéo-surveillance sur lesquelles apparaît "El Chapo" juste avant son évasion. Le leader du cartel de Sinaloa était surveillé 24h sur 24 à l'aide de caméras mais "par respect pour son intimité", il existait des "angles morts" dans sa cellule dont il a profité. La prison était équipée de 750 caméras et répondait aux normes internationales, selon le ministre. Le fugitif portait également un bracelet électronique qu'il a coupé avant de disparaître dans le tunnel.
"Nous allons pourchasser ce criminel sans répit" a ajouté M. Osorio Chong. Une vaste chasse à l'homme a été lancée dès sa disparition samedi soir, mais pour l'heure le vaste dispositif militaire et policier n'a pas permis de retrouver la trace du fugitif. Joaquin "El Chapo" Guzman s'est échappé par un trou percé dans la douche de sa cellule, conduisant à un tunnel sophistiqué de plus de 1500 mètres de long, qui débouchait sur une demeure en construction au milieu d'un champ.
Le tunnel était équipé d'un système de ventilation et une moto installée sur des rails servait à extraire la terre et acheminer du matériel. Pour le puissant chef du cartel de Sinaloa, il s'agit de la deuxième évasion réussie d'une prison de haute-sécurité en 14 ans.
VENEZUELA
Le Venezuela porte le différend territorial avec le Guyana devant l’ONU
by paulhdez
Caracas, 11 juillet (RHC-PL) Le gouvernement du Venezuela a officiellement demandé au secrétaire général de l'ONU Ban Ki-Moon, de désigner un médiateur pour le conflit territorial avec le Guyana.
Cette information a été donnée par la ministre des Affaires étrangères du Venezuela, Delcy Rodriguez, sur son compte Twitter. Delcy Rodriguez s'est rendu à New York pour remettre une lettre rédigée par le président Nicolás Maduro.
Source: RHC
GUYANA
Le Guyana rejette le processus de l’ONU pour résoudre le différend avec le Venezuela
by paulhdez
Correo del Orinoco
Le Gouvernement de Guyana a assuré lundi ne pas être intéressé à continuer le processus de bons offices de l'ONU parce que, selon son chancelier, Carl Greenidge, le Venezuela l'a utilisé pour maintenir le différend territorial sur la région de l'Esequibo sans le résoudre.
"Nous avons indiqué très clairement au secrétaire général de l'ONU que le processus de bons offices que nous avons suivi fidèlement, ne semble pas offrir de solution pour continuer à avancer", a dit le ministre des Affaires Etrangères guyanais lors d'une conférence de presse diffusée sur internet.
Le ministre a refusé de dire si le pays va approuver la désignation d'un nouveau médiateur qui doit avoir lieu par consensus entre les 2 parties car il considère que le Venezuela a manipulé ce processus.
"Mon sentiment est que ce processus a évolué pour devenir une façade, pas délibérément de la part de l'ONU, dans laquelle la souveraineté du Guyana a été menacée", a-t-il dit.
La réaction de Greenidge survient quelques jours après que le Venezuela ait demandé officiellement à Ban Ki-moon, secrétaire général de l'ONU d'attribuer un nouveau médiateur pour résoudre le différend territorial.
Greenidge a défendu l'idée que la controverse frontalière doit se résoudre à la Cour Internationale de Justice parce que "c'est la seule option"
Il a souligné que pendant les dernières décennies, le processus de conciliation appuyé par l'ONU n'a pas aidé à résoudre la différend et a signalé que le Venezuela a saisi l'occasion pour violer l'intégrité territoriale du Guyana.
Le différend frontalier entre le Venezuela et le Guyana pour les eaux de la côte de l'Esequibo où en mai, Exxon Mobil a découvert un gisement de pétrole, a plus d'un siècle. Il concerne un territoire de 160.000 kilomètres carrés très riche en ressources naturelles.
Le litige remonte à l'époque où le Guyana était une colonie britannique et est sous la médiation constante des Nations Unies depuis la signature de l'Accord de Genève en 1966 par les deux Etats.
Source/EFE
Source: http://www.correodelorinoco.gob.ve
BRAZIL
28 jeunes, en majorité noirs, sont tués chaque jour
Au Brésil, 28 enfants ou adolescents, en majorité noirs, sont tués chaque jour, deux fois plus qu'il y a 25 ans et alors que le pays s'est doté de lois pour protéger leurs droits, a dénoncé lundi l'UNICEF.
Un rapport de cet organisme international de protection à l'enfance souligne le contraste entre l'actuel débat au Parlement brésilien pour abaisser l'âge de la majorité pénale de 18 à 16 ans, et les 10 500 homicides de mineurs enregistrés en 2013 (dernier chiffre officiel disponible), bien supérieurs à ceux dénombrés dans des pays en guerre.
«On observe un mouvement de la société qui veut responsabiliser les adolescents pour la violence. En réalité, les sentences de mort retombent tous les jours sur des adolescents, essentiellement des noirs, dans tout le pays», affirme l'UNICEF.
«Cette situation perturbante place le Brésil à la deuxième place des pays avec le plus grand nombre de meurtres de jeunes de jusqu'à 19 ans, seulement derrière le Nigeria», ajoute l'UNICEF.
Le taux d'homicides (avec des victimes âgées de 19 ans ou moins) au sein de la population noire, généralement pauvre et qui vit dans la périphérie des grandes villes, est près de quatre fois supérieur à celui de la population blanche: 36,9 contre 9,6 tués pour chaque 100 000 habitants et dans la plupart des cas, les crimes restent impunis, selon ce rapport, élaboré dans le cadre des 25 ans de l'adoption du statut de l'Enfant et de l'Adolescent, destiné à améliorer leurs droits au Brésil.
Le Brésil a progressé aussi en matière d'éducation, de lutte contre la malnutrition, de lutte contre le travail des enfants et de lutte contre la mortalité infantiles mais dans les communautés indigènes, les bébés ont encore deux fois plus de risques de mourir avant un an que le reste de la population.
Le pays comptait 59,7 millions d'enfants et d'adolescents en 2010, soit 33% de ses habitants, alors qu'ils représentaient 45% du total des Brésiliens en 1991.
Enquête pour trafic d'influence contre l'ex-président Lula
Le parquet fédéral de Brasilia a ouvert jeudi une enquête contre l'ancien président Luiz Inacio Lula da Silva (2003-2010), accusé de trafic d'influence, après avoir quitté le pouvoir, en faveur d'une entreprise de travaux publics.
«Un trafic d'influence présumé de l'ancien président Lula auprès de dirigeants d'autres pays en faveur du constructeur Odebrecht fait l'objet d'une enquête», a déclaré à l'AFP une attachée de presse du ministère public fédéral (MPF) à Brasilia.
L'enquête a été ouverte le 8 juillet, après une démarche préliminaire sur les activités de Lula qui pour le moment ne sera pas appelé à témoigner, a ajouté la porte-parole.
José Chrispiniano, porte-parole de l'Institut Lula à Sao Paulo, a déclaré à l'AFP «être tranquille. L'Institut Lula est sûr de la transparence et de la légalité des activités de l'ex-président Lula».
Il s'est toutefois étonné de la rapidité avec laquelle la décision judiciaire a été prise: «Nous avons fourni toutes les informations demandées à la procureure Mirella de Carvalho Aguiar le week-end dernier et nous trouvons étrange qu'en si peu de temps elle ait déjà analysé tout le matériel».
Selon la justice, Lula aurait usé de son influence internationale pour que Odebrecht, géant brésilien du BTP, remporte des contrats dans des pays d'Afrique et d'Amérique latine de 2011 à 2014.
En mai, un reportage de l'hebdomadaire Época affirmait que plusieurs de ces juteux contrats étaient financés par la Banque publique de développement BNDES, où Lula serait intervenu pour faciliter l'accès au crédit.
Odebrecht aurait financé des voyages de Lula dans des pays comme le Venezuela, la République dominicaine, Cuba et le Ghana, où l'entreprise avait des intérêts à obtenir des contrats, selon Época.
Gil Castello Branco, secrétaire général de l'ONG Contas abertas (Comptes transparents) qui milite pour une gestion transparente des finances publiques, a déclaré à l'AFP que «cette enquête du parquet (MPF) de Brasilia montre que les institutions fonctionnent».
«Elle est fondamentale dans un pays démocratique et le MPF doit enquêter jusqu'à quel point la relation de Lula avec Odebrecht était d'intérêt national, du pays, ou avait un caractère personnel ou un lien avec son parti», a t-il dit.
«Il est notoire que l'ex-président Lula fonctionnait comme une + vitrine publicitaire+ d'Odebrecht, qu'il voyageait dans des avions d'Odebrecht».
Marcelo Odebrecht, président du géant du BTP, est en prison depuis le 19 juin, soupçonné de faire partie d'un réseau de corruption au sein du groupe public pétrolier Petrobras, qui aurait coûté 2 milliards de dollars à la compagnie phare du Brésil.
Selon l'enquête policière en cours, dénommée «Lavage rapide», des entreprises se répartissaient de 2004 à 2014 les marchés de Petrobras en payant à tour de rôle des pots-de-vin à des directeurs de la compagnie en échange de contrats.
Une partie de ces commissions était reversée à des personnalités politiques, en majorité des députés ou sénateurs de la coalition de centre gauche au pouvoir, et notamment à l'ex-trésorier du Parti des travailleurs (PT) de la présidente Dilma Rousseff et l'ex-président Lula.
Le parquet brésilien enquête également sur deux gouverneurs, 13 sénateurs et 22 députés en poste.
La justice de Sao Paulo a rejeté récemment une demande préventive de «habeas corpus» d'un particulier pour éviter une éventuelle détention de Lula dans le cadre de «Lavage rapide».
PERU
Les autorités se préparent à l’éventualité d’un phénomène « El Niño » assez fort
de Aline Timbert
Au Pérou, plusieurs districts et provinces, sont actuellement concernés par la mesure d’état d’urgence décrétée par les autorités de ce pays sud-américain pour faire face aux éventuelles conséquences du phénomène météorologique El Niño et de ses conséquences aussi bien en zone rurale et urbaine.
La mesure entre en vigueur pour un délai de 60 jours et doit permettre « de mettre en place des actions immédiates et indispensables à la réduction du fort risque existant et à la réhabilitation des zones qui pourraient être affectées », comme le précise le décret suprême de la présidence du conseil des ministres publiés le 5 juillet au journal officiel El Peruano.
Les régions du nord du pays parmi lesquelles Tumbes, Piura, Lambayeque, La Libertad, Cajamarca et Amazonas, mais aussi au centre comme San Martín, Áncash, Lima et Junín ou encore au sud (Ica, Arequipa, Cusco y Puno) sont concernées par le risque de pluies torrentielles et inondations et apparaissent sur la liste établie par le gouvernement. Les coordinations techniques seront à la charge de l’institut national de défense civile et du ministère de l’Agriculture ainsi que l’autorité nationale de l’eau et autres institutions publiques et privées, les autorités locales s’attendent à un phénomène modéré à fort qui devrait débuter dans les prochains mois et se poursuivre jusqu’en février-mars. Pour pallier les effets qui pourraient être désastreux, le gouvernement a décidé de déclarer l’état d’urgence dans plusieurs régions, une mesure préventive pour réduire les risques et pour réhabiliter dès que possible les zones qui pourraient être touchées par les intempéries. Ces actions sont orientées pour réduire au mieux les conséquences du phénomène El Niño.
Le Niño provoque une hausse de la température superficielle de l’océan, ce qui cause des pluies torrentielles, des inondations en zone côtière et des épisodes de sécheresse dans les régions autres. Actuellement, l’océan au centre et au nord du pays est 4 degrés au-dessus des températures normales, ce qui conduit les scientifiques à envisager un épisode plutôt fort.
Le ministre de l’Agriculture, Juan Benites a affirmé « Nous ça que nous avons peu de temps, mais il a déclaration d’urgence va nous permettre de réduire les délais » ajoutant que le gouvernement se préparait « au pire scénario possible avec un Niño qui s’annonce particulièrement puissant ».
« Il y a des régions où le risque se fera moindre, mais mieux vaut prévenir », en soulignant que le plan prévu par les autorités comprend la réalisation de 251 chantiers préventifs avant le mois de novembre, lorsque le phénomène causera les premiers débat. Les actions préventives sont estimées à un montant de 66,6 millions de dollars.
Des experts en météorologie du gouvernement américain ont émis un avertissement mondial qui stipule que les effets d’El Niño pourraient persister dans l’hémisphère nord jusqu’au printemps 2016.
Le Centre de prévision climatique (CPC) du Service météorologique a prédit qu' »il existe une probabilité de plus de 90% que le phénomène El Nino persiste durant l’hiver dans l’hémisphère nord et environ une chance de 80% qu’il se prolonge jusqu’au printemps 2016″, rapporte Reuters.
Il a également indiqué que le réchauffement océanique, la direction du vent et de l’oscillation, entre autres facteurs, « reflètent les effets d’El Niño se poursuivre et se renforcer. »
Le Niño est caractérisé par des températures de surface plus chaudes que la normale dans l’océan Pacifique central près de la ligne équatoriale et peut avoir des conséquences dévastatrices en provoquant de fortes pluies et des inondations en Amérique du Sud et des températures très élevées en Asie et en Afrique de l’Est. Il augmente également les précipitations en Amérique du Nord.
Le ministère de la Culture péruvien a annoncé que des travaux de prévention allaient être réalisés sur 63 sites archéologiques de la côte nord du pays pour éviter les dommages engendrés par d’éventuelles pluies ou inondations. Les monuments emblématiques et touristiques les plus exposés aux risques environnementaux sont traités en priorité, des spécialistes en ingénierie hydraulique interviennent sur les zones à risque accompagnés d’architectes et d’archéologues.
Habituellement, El Niño surgit au retour des beaux jours et s’amplifie jusqu’à son climax qui survient vers la fin décembre – d’où le nom dont les pêcheurs d’Amérique centrale l’ont affublé, l’« enfant », en référence à la Nativité. Ce doux surnom cache malheureusement un fort potentiel de désastres et destructions.
CHILE
Un pas de plus vers la dépénalisation du cannabis au Chili
La chambre des députés chilienne a approuvé mardi un projet de loi visant à dépénaliser la culture de cannabis à usage personnel ou à des fins thérapeutiques, un texte qui devra passer en commissions, avant d'être transmis au Sénat.Après un intense débat, l'initiative a été adoptée par 68 votes pour, 39 contre et cinq abstentions. "Alors que le pays a échoué à contrôler la consommation d'alcool chez les mineurs, assurer que, maintenant, nous serons en mesure de contrôler leur consommation et leur dépendance à la marijuana, c'est franchement agir avec une grande naïveté", a critiqué un député du centre-droit de Renovacion Nacional, Nicolas Monckeberg.
Une députée communiste, Camila Vallejo, a au contraire défendu le projet. "Comment nier que lorsque les jeunes consomment de la marijuana sans pouvoir la cultiver, ils doivent recourir au micro-trafic pour l'acheter?", a-t-elle lancé, estimant que ce trafic ouvre la voie à d'autres drogues plus dures comme la cocaïne et ses dérivés. Selon le projet de loi, les cultivateurs de cannabis doivent être âgés de plus de 18 ans. Mais en cas d'usage thérapeutique pour des mineurs, il sera possible d'obtenir le produit sur prescription médicale.
L'interdiction de fumer la marijuana sur la voie ou dans les lieux publics ouverts est maintenue, tandis que le projet de loi fixe la quantité maximale pouvant être détenue pour usage personnel à 10 grammes par personne et 500 grammes par foyer. Au Chili, la marijuana est encore considérée comme une drogue dure par la législation. Si la loi est adoptée, elle intégrera la liste des drogues douces comme l'alcool.
Plusieurs états des Etats-Unis ont déjà légalisé la marijuana à des fins médicinales, tandis que l'Uruguay est devenu en décembre 2013 le premier pays au monde à légaliser la culture et, à terme, la vente de marijuana sous le contrôle de l'Etat.
ARGENTINA
Cristina et la poursuite du Kirchnérisme
Marcelo Massoni
« Beaucoup me regardent et me demandent ce qui va se passer. Je leur dis : il va se passer ce que vous voudrez. Seuls vous avez le pouvoir, vous êtes les sujets de droits. Vous êtes les véritables propriétaires de votre destin ». Ces mots de la présidente ont été prononcés le 25 mai dernier devant plus de huit cent mille personnes. Ils sont le reflet de la décision de démocratiser le pouvoir en permettant au peuple de décider librement. Ceci rompt avec beaucoup de mythes construits autour de ce gouvernement et de sa supposée nature autoritaire
Le 25 mai dernier a conclu une semaine de festivités pour l’anniversaire de la révolution argentine et qui s’ est terminée par l’ultime discours de la présidente Cristina Fernandez de Kirchner face à une foule immense rassemblée sur la Place de Mai à Buenos Aires. La mandat de la présidente prenant fin le 10 décembre prochain.
La grande inconnue à deux mois des primaires est : qui sera le futur président de la République Argentine et si ce candidat répondra aux demandes d’une partie de la population qui cherche à changer de modèle politico-économique ou bien au contraire si le projet politique mené depuis douze ans va se poursuivre.
Le Kirchnérisme (nom donné au mouvement politique à la suite de la présidence de Nestor Kichner et de son épouse Cristina Kirchner) a su reprendre la main sur le terrain politique argentin après sa défaite en 2009 qui paraissait mettre fin à sa dynamique pour au final remporter les élections présidentielles en 2011 avec 54% des voix.
S’il y a bien quelque chose qui a caractérisé Nestor Kirchner ainsi que la présidente actuelle, c’est qu’ils ont toujours été les acteurs principaux sur la scène politique, notamment à l’heure d’imposer une feuille de route comportant des reformes de diverses natures telles que : l’étatisation d’entreprises privatisées durant le gouvernement néolibéral des années 1990, la plus grande restructuration de la dette de l’histoire, l’accroissement des droits civils avec le mariage homosexuel, la défense des droits de l’homme et le jugement des militaires responsables de la dernière dictature militaire (1976-183, 30 000 disparus), l’opposition avec Hugo Chavez et Lula Da Silva à la Zone de Libre-échange des Amériques (ALCA en espagnol).
Dans la région, les gouvernements progressistes tel que celui de Morales en Bolivie, Correa en Équateur, Maduro au Venezuela et Kirchner en Argentine ressentent de manière importante la baisse des prix des commodities provoquée entre autres par la reprise de l’économie aux Etats-Unis ce qui génère de graves problèmes sur le front de l’économie et notamment du commerce extérieur. Cette situation n’a pas empêché que les salaires continuent à augmenter, ce qui provoque de fortes critiques de la part de l’establishment qui a tant d’influence actuellement en Europe.
Seulement au Brésil, on note un affaiblissement des contraintes faites au marché (son nouveau ministre de l’économie est Joaquim Levy, un Chicago boy). Les conséquences économiques restent néanmoins les mêmes qu’en Europe : augmentation du chômage, stagnation de l’économie... tout ça pour mettre fin à l’un des principaux ennemis de la théorie économique libéral, l’inflation.
L’Argentine étant intégrée à l’économie mondiale où prédomine le libre-échange et la dérégulation, se voit contrainte de choisir entre deux modèles : le libéralisme prôné par la Banque Mondiale et le FMI face au modèle économique où l’État joue un rôle capital. C’est le deuxième modèle qui a été adopté par le gouvernement actuel tandis que les principales propositions de l’opposition reflètent une autre posture.
D’un côté, Sergio Massa, qui est l’actuel député national du Frente Renovador (Front Renovateur) (il est parvenu à l’emporter face au kirchnérisme dans la province de Buenos Aires en 2013) se présente comme l’opposition intermédiaire entre un changement radical et la continuité. Son pouvoir est consolidé par une partie de la structure péroniste et de nombreux ex-fonctionnaires du gouvernement national, notamment dans le domaine économique.
L’autre candidat, Mauricio Macri, détient un plus gros poids électoral. Il sera le candidat de son parti, el PRO. Il est actuellement maire de la ville de Buenos Aires. Ce dernier représente les intérêts des plus riches, un fait qui se confirme par les résultats électoraux qu’il obtient (il a obtenu ses meilleurs scores dans les centres urbains où les revenus sont les plus hauts comme à Buenos Aires et dans les provinces de Santa Fe et de Cordoba). Il propose notamment de supprimer de nombreux impôts pour les ménages les plus aisés, de privatiser de nouveau les entreprises publiques tel que YPF (pétrole), Aerolineas Argentinas (compagnie aérienne nationale) et de revenir sur les prestations sociales comme l’ Assignation Universelle par Enfant, la double actualisation annuelle des pensions pour les retraités, football pour tous...
Face à ces propositions, on trouve le Front pour la Victoire représenté par Daniel Scioli, actuel gouverneur de la Province de Buenos Aires. Scioli se présente comme un kirchnériste modéré ce qui permet au parti au pouvoir d’augmenter son poids éléctoral en attirant des élécteurs de tous bord. Ce candidat a accompagné les Kirchner depuis le début. En 2003, il a été le vice-président de Nestor Kirchner et depuis 2007, il est à la tête de la province de Buenos Aires, la plus peuplée de la nation albiceleste.
Mais malgré cet accompagnement constant, Scioli soulève beaucoup d’interrogations et de critiques au sein des kirchnéristes les plus durs. Son profil si modéré contraste avec la logique ami/ennemi qu’a souvent mise en avant le gouvernement. Ainsi qu’avec ces amitiés publiques à des secteurs d’opposition comme le groupe de presse Clarin ce qui fait que la présidente tente de réduire un maximum le pouvoir de son très possible successeur à la tête de la présidence.
Ainsi, le gouvernement tente d’entourer Daniel Scioli de personnes de confiance, proches de la présidente actuelle, Cristina Kirchner, notamment de futurs députés et sénateurs. De plus, le mardi 16 juin est tombée une information qui a bousculé l’échiquier politique : la nomination comme futur vice-président au coté de Daniel Scioli de Carlos Zannini
Zannini est un personnage connu du grand publique. Il est le conseiller politique numéro 1 qui a accompagné le couple Kirchner depuis 1987, date à laquelle Nestor Kirchner était le maire de la ville de Rio Gallegos, dans la province de Santa Cruz, au sud du pays. Avec lui, Cristina Kirchner s’assure de pouvoir contrôler la Chambre des Sénateurs (qui sera présidée par Zannini en cas de victoire aux éléctions). Zannini est considéré comme l’idéologue de certaines des décisions politiques les plus importantes prises par les gouvernements Kirchner depuis leur prise de pouvoir en 2003. Il est également un soutien des jeunesses militantes, principalement La Campora, cherchant ainsi à donner une continuité à long terme au projet mené depuis déjà 12 ans.
La grande inconnue dans l’appareil péroniste et particulièrement dans le secteur kirchnériste est si ce candidat continuera réellement les politiques mises en place depuis 2003 ou au contraire utilisera cette simple plate-forme pour atteindre la Casa Rosada, le siège de l’éxécutif argentin. Cette question est sur toutes les lèvres des pro-Kirchner depuis quelques mois. L’histoire argentine est marquée par l’existence de gouvernements ultra-présidentialistes, ce qui permettrait à Scioli de pouvoir gouverner sans trop de contraintes.
Face à cette peur présente au sein de la masse des votants kirchnéristes, Cristina Kirchner cherche que ce soient les propres militants qui fassent un pas en avant vers cette nouvelle étape. Elle considère que ce sont eux les véritables décideurs et les encourage à ne pas faire un seul pas en arrière :« Beaucoup me regardent et me demandent ce qui va se passer. Je leur dis : il va se passer ce que vous voudrez. Seuls vous avez le pouvoir, vous êtes les sujets de droits. Vous êtes les véritables propriétaires de votre destin ». Ces mots de la présidente ont été prononcés le 25 mai dernier devant plus de huit cent mille personnes. Ils sont le reflet de la décision de démocratiser le pouvoir en permettant au peuple de décider librement. Ceci rompt avec beaucoup de mythes construits autour de ce gouvernement et de sa supposée nature autoritaire.
Les cartes sont désormais sur la table. Jamais l’appui aux secteurs économiques dominants n’ont été aussi évidents de la part d’un candidat (Mauricio Macri). Seul le temps permettra de voir si l’histoire argentine se répète une nouvelle fois, cette histoire où la classe moyenne met au pouvoir un gouvernement populaire et lorsque ce dernier la sort de l’extrême pauvreté en améliorant ses conditions de vie, oublie tout du jour au lendemain pour ensuite appuyer un gouvernement libéral qui ne fait autre chose que de revenir au point de départ : la pauvreté.
Le peuple argentin sera-t-il suffisamment mature pour discerner la principale alternative ? A savoir, quel candidat représente les intérêts nationaux et populaires et qui au contraire cherche à spolier le pays avec l’argument de la « sécurité juridique » et les bienfaits du libre marché qui ont tant de fois fait souffrir ce pays au cours de sa jeune histoire.