NICARAGUA
Canal du Nicaragua : le début des travaux pourrait être report
D’un point de vue environnemental, notent les auteurs du rapport, le tracé de ce canal se ferait dans une zone sismique, ce qui pourrait à terme endommager les écluses.
La première consultation publique sur le canal du Nicaragua s’est déroulée à Managua le 24 septembre 2015, avec la présentation du rapport réalisé par le consultant britannique Environmental Resources Management. Le début des travaux pourrait être reporté.
Le rapport commandé par la commission du canal du Nicaragua a été présenté dans une consultation publique, le 24 septembre 2015 à Managua, par Environmental Resources Management, consultant britannique. Ce rapport a d’ores et déjà été donné au gouvernement de Managua et au groupe HKND (Hong Kong Nicaragua Development, concessionnaire pour la construction du canal) le 25 mai 2015.
Cette réunion a été l’occasion pour les autorités de Managua et le groupe en charge du canal de présenter les conclusions de ce rapport. Les débats ont duré plus de six heures. Parmi les participants des associations écologiques, des autorités européennes, sud-américaines, des ambassadeurs de plusieurs pays ainsi que des représentants de l’église catholique ont débattu des conséquences économiques, sociales et environnementales du projet.
Ces conclusions ont incité la commission du canal à reporter le démarrage des travaux de ce projet au mois de mars 2016. Les 14 tomes de l’étude expliquent avec force détails les manquements dans l’état actuel du projet. D’un point de vue environnemental, notent les auteurs du rapport, le tracé de ce canal se ferait dans une zone sismique, ce qui pourrait à terme endommager les écluses. De plus, toujours du point de vue environnemental, le rapport de ERM s’interroge sur la capacité du Nicaragua à disposer de suffisamment de ressources en eau pour alimenter le canal.
D’un point de vue social, un volet qui a suscité de nombreux mouvements de protestation au cours des premiers mois de l’année, les auteurs invitent HKND à revenir autour de la table pour négocier avec les populations indiennes qui seront déplacées. (...)
Ce projet sera source de nombreux nouveaux emplois pour le Nicaragua et, au final, l’impact sera positif. Pour le chef de projet de HKND, Bill Wild, "ERM pense que si ce projet se réalise en conformité avec les standards internationaux, il pourrait offrir un meilleur futur pour le Nicaragua et apportera des bénéfices environnementaux, sociaux et économiques pour le peuple nicaraguayen". Et au final, après la réunion, un des rapporteurs a déclaré la faisabilité du canal.
GUATEMALA
Une nouvelle vague de protestations est envisagée
Le mécontentement régnant chez les Guatémaltèques face à l'éventuelle prise de fonctions de 11 députés soi-disant prestataires de l'État amènerait samedi à une nouvelle vague de protestations au Guatemala.
De nombreux appels à se rassembler aujourd'hui au Parque Central sont diffusés sur les réseaux sociaux. Le but est de refuser la prise de fonction au Congrès de la République le 14 janvier 2016 de 11 législateurs soupçonnés d'être corrompus.
Suite à l'accusation à l'encontre de l'ex-vice-présidente Roxana Baldetti survenue en avril pour appartenir au réseau de corruption La Linea, des manifestations se sont tenues lors de 28 samedis d'affilée. Elles sont considérées les plus bouleversantes depuis les année 60 et ont provoqué la démission de l'ex-gouverneur Otto Pérez Molina le 3 septembre.
Le général à la retraite ainsi que Roxana Baldetti restent dans une prison dans la capitale en attendant les sanctions pour être impliqués dans des fraudes commises dans les douanes guatémaltèques pendant plusieurs années.
Cette situation est encore aggravée par l’éventuelle investiture de 11 députés de 5 partis politiques étant prétendument des prestataires de l'État ou des personnes corrompues.
À noter que les appels à la manifestation surviennent à une semaine du ballotage prévu pour le 25 octobre.
lp/lma/ism
MEXICO
Une nouvelle vidéo montre l'évasion d'El Chapo
Plusieurs coups métalliques se font entendre dans la cellule du narcotrafiquant Joaquin «El Chapo» Guzman, quelques minutes avant sa spectaculaire évasion de la prison d'Altiplano le 11 juillet dernier, selon une nouvelle vidéo diffusée mercredi.
Quasiment 30 minutes plus tard, un gardien appelle depuis l'extérieur de la cellule, désormais vide: «Guzman?»
Cette nouvelle vidéo inédite de l'évasion d'El Chapo a été obtenue par la chaîne mexicaine Televisa. Elle montre la cellule d'El Chapo au moment de son évasion et durant les 40 minutes qui suivent.
Contrairement à la vidéo diffusée par les autorités en juillet, provenant de la même caméra de surveillance, cette séquence est sonore.
Guzman, 58 ans, est allongé sur son lit, regardant une petite télévision quand plusieurs coups métalliques se font entendre.
Le chef du cartel de Sinaloa se lève, se dirige vers sa douche, s'accroupit derrière puis disparaît à 20h52.
À 21h18, un gardien apparaît à l'extérieur de la cellule et interpelle: «Guzman? Guzman? Guzman Loera?», utilisant le nom de famille complet du narcotrafiquant.
On peut ensuite entendre un gardien parler à son supérieur, tandis qu'il regarde à travers les barreaux de la cellule: «Il y a un trou dans la douche.»
Quand son supérieur lui demande la taille du trou, le gardien répond: «Grand, chef, grand.»
«Mais le détenu n'est pas là?» demande son supérieur. «Non, chef. Il n'est pas là.»
C'est seulement à 21h29, soit 37 minutes après que Guzman se soit enfui, que les fonctionnaires entrent dans la cellule.
Plusieurs d'entre eux se glissent dans le trou. L'un des gardiens signale que le trou «est apparemment bouché plus bas». On entend de nouveaux coups métalliques.
Guzman s'est échappé par le biais d'un tunnel de 1,5 kilomètre, circulant sur une moto fixée sur des rails et débouchant sur une maison en construction au milieu des champs.
Cette évasion a constitué un sérieux camouflet pour le président Enrique Peña Nieto, qui avait obtenu des succès notables dans la lutte contre les cartels de la drogue au début de son mandat
Guzman avait été arrêté en février 2014 après 13 ans de cavale. Il s'était déjà échappé en 2001 d'une prison de haute sécurité, caché dans un panier de linge sale.
COLOMBIA
Colombie: accord gouvernement/FARC sur les disparus
Le gouvernement colombien et la guérilla colombienne des FARC sont parvenus à un accord samedi pour lancer la recherche des disparus dans le cadre des pourparlers de paix, ont indiqué des diplomates cubains et norvégiens, les deux pays médiateurs.
Le gouvernement colombien et les FARC «sont parvenus à deux types d'accords: premièrement, mettre en oeuvre les premières mesures de recherche, de localisation, d'identification ainsi que la restitution des dépouilles» des disparus, a précisé Rodolfo Benítez, diplomate cubain. Le deuxième volet porte sur la création d'une unité spéciale dédiée à cette fonction, a-t-il ajouté.
Début octobre, les Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC, marxistes) ont présenté une liste de «10 propositions minimales» pour la fin du conflit en Colombie, dans le cadre des pourparlers à La Havane avec le gouvernement colombien.
Depuis près de trois ans, le gouvernement colombien et les FARC négocient à Cuba la fin d'un conflit complexe, qui a fait au moins 220 000 morts et six millions de déplacés, et durant lequel se sont affrontés guérillas d'extrême gauche, forces armées régulières et paramilitaires d'extrême droite.
VENEZUELA
Nicolas Maduro arrive en Sainte-Lucie pour élargir la coopération régionale
Le président du Venezuela, Nicolas Maduro, est arrivé samedi à Sainte-Lucie dans l'objet d'examiner les accords de coopération et d'en adopter d'autres dans de nouveaux domaines.
Le mandataire vénézuélien se réunira avec le premier ministre de Sainte-Lucie, Kenneth Davis Anthony, afin de renforcer les relations bilatérales. Depuis mercredi une délégation de 40 fonctionnaires du gouvernement du Venezuela arrive à Castries.
À la suite de son arrivée à l'île, en provenance de Suriname et d'Antigua-et-Barbuda, M. Maduro a rencontré de coopérants cubain avec qui il a fait un appel l'intégration de la région.
À Paramaribo, la capitale de Suriname, le chef d'État vénézuélien a retrouvé son homologue Desiré Delano Bouterse, avec qui il partage l'idée de l'intégration des pays latino-américains et caribéens avec l'objectif de développer l'économie et de renforcer Petrocaribe, un mécanisme de coopération dans le secteur de l'énergie.
À Antigua-et-Barbuda M. Maduro a signé des accords visant le renforcement des liens bilatéraux et l'unité des nations de la région. Pendant une réunion avec le premier ministre d'Antigua-et-Barbuda, Gaston Browne, le président vénézuélien a insisté sur la création d'une zone économique dans les Caraïbes.
lp/acl/tgp
PERU
Des incendies se sont déclarés dans le secteur du Machu Picchu
recouvrant la cité de fumée
Un incendie de forêt qui s’est déclaré à proximité du Machu Picchu a pu être enrayé mercredi tandis qu’un second foyer d’incendie nécessite toujours l’intervention des pompiers, aucun dégât sur les biens inscrits au Patrimoine historique n’est à déplorer.
« Depuis mardi, deux incendies de forêt ont été enregistrés, l’un d’eux est contrôlé à 100 %, tandis que 74 pompiers interviennent sur le deuxième ». Cet incendie se situe à 3 km en ligne droite du sanctuaire historique, cependant le tourisme n’est guère impacté, et les visiteurs peuvent se rendre sur les lieux historiques comme d’habitude, c’est ce qu’a tenu à souligner le directeur régional de la Défense civile, Gustavo Infantas.
M.Infantas a précisé que le train qui relie Cusco (sud), depuis la localité d’Ollantaytambo jusqu’à Machu Picchu « circule sans aucune difficulté ».
L’incendie est survenu dans des zones forestières sauvages, il affecte environ 90 hectares dans la zone de Colchani et a été maitrisé à environ 50 %. Le sinistre qui s’est produit à San Antonio de Torontoy a impacté 40 hectares et est totalement maitrisé.
« Tout est sous contrôle à Machu Picchu Pueblo et sur le sanctuaire historique », ont précisé les autorités, la citadelle inca reçoit chaque jour près 3500 visiteurs nationaux et internationaux, et est inscrite sur la liste du Patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1963.
« Les causes de ces incendies ne sont pas connues. c’est un problème que nous avons à Cusco, il y a eu environ 120 incendies de forêt jusqu’ici pour l’année 2015″, a souligné Gustavo Infantas, ajoutant que la zone enregistrait un manque de précipitations, et était frappée par la sécheresse.
« Nous garantissons la circulation des trains entre Ollantaytambo et Machu Picchu sans aucun problème. La présence de tous les touristes dans le sanctuaire historique est garantie. Il est vrai que beaucoup de cendres sont tombées à Aguas Calientes, et est aussi un peu au sanctuaire », a également déclaré le fonctionnaire.
Mardi, une partie du célèbre complexe archéologique des Andes était recouverte de fumée, en raisin de l’incendie forestier enregistré le matin même dans le secteur de Collpani, face au pont Carrilluchayoc.
Un autre incendie de forêt survenu lundi à Cuzco a « brûlé plusieurs hectares de pâturages naturels et de la végétation » à proximité du site archéologique de Raqchi, sans pour autant affecter le monument préhispanique, a rapporté la Direction décentralisée de la Culture.
Le centre de santé du Machu Picchu redouble de vigilance pour venir en aide aux touristes qui seraient éventuellement incommodés par la fumée qui entoure le sanctuaire précolombien. Souvent perdue dans les nuages, le Machu Picchu disparait cette fois sous un écran de fumée, une multiplication des feux de forêt dans cette zone protégée qui inquiète les autorités.
Au mois d’août, le chef du complexe archéologique de Machu Picchu, Fernando Astete a déclaré qu’en raison des épisodes de sécheresse engendrés par le phénomène El Niño, la vigilance devrait être renforcée autour du Machu Picchu.
BOLIVIA
COP 21: le document remis par Evo Morales à Ban Ki-moon
Evo Morales a remis ce document à Ban Ki-moon lors de l’inauguration des infrastructures à Vila Vila
Une proposition de la Bolivie demande des actions comme décoloniser les ressources naturelles et construire un Tribunal International de Justice Climatique, adopter un nouveau modèle « civilisateur » dans le monde, construire un système climatique basé sur la responsabilité envers l’environnement et défendre les biens communs et universels – les mers, l’eau et l’atmosphère – pour lutter contre le changement climatique et protéger la Terre Mère.
De telles mesures font partie du document « Contributions Prévues et Définies » que le président de la nation sud-américaine, Evo Morales a remis ce dimanche au secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon pour le présenter lors de la Conférence des Nations Unies sur le Changement Climatique (COP 21), qui se déroulera à Paris en décembre prochain.
« Ils savent qu’il y a un important débat dans le monde sur la Terre Mère, la Pachamama, et nous, les gouvernements, avons la responsabilité de remettre un document aux Nations Unies » a expliqué le président à Ban qui s’est rendu en Bolivie pourparticiper au II° Sommet Mondial des Peuples sur le Changement Climatique et la Défense de la Vie qui se déroule aujourd’hui dans le département de Cochabamba.
10 points contre le changement climatique:
1. Adopter un nouveau modèle « civilisateur » dans le monde, sans consumérisme, « guerrerisme », mercantilisme ni capitalisme en construisant et en consolidant un ordre mondial pour le « bien vivre ».
2. Construire un système climatique basé sur la responsabilité envers la Terre Mère et envers la culture de la vie pour la réalisation totale de l’humanité dans son complet développement.
3. Stimuler la protection des droits de la Terre Mère en concordance avec les droits des peuples à leur développement complet.
4. Défendre les biens communs et universels comme les mers, l’eau, l’atmosphère en promouvant l’accès des peuples au patrimoine commun.
5. Plaider pour l’élimination des brevets sur les technologies et pour la reconnaissance du droit de l’homme à la science et à la technologie de la vie.
6. Demander aux gouvernements du monde de considérer l’eau comme un droit de l’homme.
7. Construire un Tribunal International de Justice Climatique et de la Terre Mère « pour faciliter aux pays l’accomplissement de leurs engagements internationaux concernant le changement climatique » dans le respect des droits des peuples et de la Terre Mère.
8. Destiner les ressources de l’appareil militaire des puissances impériales et des promoteurs de la guerre au financement d’actions des peuples contre le changement climatique, c’est à dire « au lieu de gaspiller de l’argent en guerres, ce serait mieux qu’ils nous donnent l’argent pour prendre soin de l’environnement ».
9. Eradiquer la marchandisation de la nature et des marchés du carbone qui stimulent des millions d’affaires en rapport avec le climat mais ne résolvent pas le problème de la crise climatique.
10. Promouvoir la décolonisation des ressources naturelles, des visions coloniales biaisées concernant l’environnement et qui voient les peuples du sud comme des gardes forestiers des pays du nord et les communautés comme des ennemis de la nature.
Le contexte:
Le II° Sommet Mondial des Peuples sur le Changement Climatique et la Défense de la Terre Mère s’achève ce soir avec la présence des présidents du Venezuela, Nicolás Maduro et de l’Equateur, Rafael Correa.
Après les débats répartis en 12 tables de travail composées de délégués des 5 continents, la II° Conférence des Peuples donnera ses conclusions qui seront envoyées à la COP 21.
Source en espagnol: http://www.telesurtv.net/news/Bolivia-y-sus-10-puntos-para-proteger-la. Madre-Tierra-20151012-0041.html.