PANAMA
Le Panama prend des mesures dans ses frontières face aux émigrés
Le gouvernement du Panama a annoncé des mesures émergentes face à la complexe situation créée dans sa frontière sud par des arrivées massives des émigrés en transit de l'Amérique centrale vers les États-Unis.
Javier Carrillo, directeur du Service national de Migration (SNMP),a déclaré au quotidien La Prensa que Puerto Obaldía, point d'arrivée des émigrés irréguliers, est un petit village d'à peines 400 habitants qui ne compte pas une infrastructure pour abriter quelque 1 200 Cubains qui s'y trouvent.
Il a signalé d'ailleurs que l'immigration des Africains et Asiatiques suggère une toute autre approche, visant à prolonger leur séjour dans le centre de rétention à Metetí, capitale de Darién.
Carrillo a dit que l'accroissement de l'émigration des Cubains est dû à la crainte à perdre le privilège de la politique des États-Unis de «pieds secs, pieds mouillés» et la Loi d'Ajustement cubain.
"Les Africains n'ont pas évidemment cette prérogative d'y arriver et obtenir la résidence mais aussi leur objectif sont les États-Unis et le Canada", a dit Carrillo lors des déclarations à la chaîne Telemetro.
GUATEMALA
Une bagarre fait 17 morts dans une prison du Guatemala
Dix-sept détenus ont perdu la vie durant un affrontement entre deux gangs rivaux dans une prison surpeuplée du Guatemala, dont sept par décapitation, ont annoncé les autorités guatémaltèques, lundi.
Victor Mijangos, le procureur adjoint du district d'Escuintla, a affirmé que la bagarre avait éclaté dimanche après-midi dans un pénitencier baptisé «Ferme de réhabilitation Canada» à environ 70 kilomètres au sud de la capitale du pays d'Amérique centrale.
Selon lui, toutes les victimes ont été tuées à la machette ou au couteau. Les autorités ont découvert 16 corps dans la prison et un autre détenu a succombé à ses blessures à l'hôpital.
M. Mijangos a précisé que les têtes de trois hommes, apparemment les leaders de l'un des deux gangs, avaient été retrouvées sur une table.
Le porte-parole du système carcéral guatémaltèque, Rudy Esquivel, a indiqué que le pénitencier avait été conçu pour accueillir 600 prisonniers, mais en abritait plus de 3000.
M. Esquivel a expliqué que l'affrontement semblait avoir opposé les gangs Mara 18 et Mara Salvatrucha de même que d'autre détenus n'appartenant pas aux deux groupes.
Une vingtaine de policiers ont pénétré dans la prison afin d'en reprendre le contrôle et de recueillir des preuves.
NICARAGUA
Nicaragua : Le volcan Momotombo reprend du service après 100 ans de repos
Le volcan Momotombo, qui a repris son activité dans le nord-ouest du Nicaragua depuis le début de semaine, a enregistré ce jeudi une forte explosion de gaz et de cendres qui a atteint une altitude de 1500 mètres, avec une coulée de lave qui s’est déversée sur son flanc nord-ouest.
Hier, jeudi 3 décembre, le volcan a émis « une forte explosion qui a levé une colonne de 1500 m au-dessus du cratère, qui a produit une onde sonore qui a fait l’effet d’un rugissement », a affirmé le vulcanologue Armando Saballos de l’Instituto Nicaragüense de Estudios Territoriales (Ineter) à Canal
L’activité volcanique, qui a repris après 110 ans de calme relatif, est accompagnée d’expulsion de lave qui s’est répandue par le flanc nord, les habitants de la zone ne sont pas menacés pour le moment par l’agitation du Momotombo (ce qui signifie « sommet ardent » en langue nahualt)
Le volcan Momotombo est situé à 1297 m d’altitude, il est situé dans le département de León, à 40 km au nord de la capitale.
Saballos a affirmé que l’activité du volcan ne représente « aucun danger pour la population », mais recommande aux habitants proches de se protéger des retombées de cendres afin de protéger leur santé.
La porte-parole du gouvernement, la première dame Rosario Murillo, a informé que les brigades de santé rendaient visite à la population aux alentours du volcan pour éventuellement traiter des problèmes dermatologiques ou encore ophtalmologiques comme conséquences de ce processus éruptif. Le Momotombo est entré en éruption 16 fois depuis 1522, au début du XVII siècle, une forte éruption qui a détruit la ville coloniale de León Viejo, l’une des premières positions espagnoles au Nicaragua.
Le codirecteur du système national pour la prévention et la gestion des catastrophes a confirmé que cette reprise d’activité n’occasionnait pas trop de problèmes « l’éruption est considérée comme légère à modérée, elle se caractérise fondamentalement par la chute de cendres, de sable aux alentours du volcan, ainsi qu’une coulée de lave. Pour le moment, la situation ne s’est pas dégradée ».
Les explosions volcaniques surviennent environ toutes les deux secondes, le volcan maintient une activité constante depuis mardi soir. La pluie de cendres et de sable chaud se poursuit dans les communautés voisines de El Papalonal et Momotombo. Cette dernière a été le plus durement touchée par les retombées de cendres et de gaz émanant du volcan, dont la dernière éruption remonte à l’an 1905.
« Le volcan commence un nouveau cycle qui peut durer une dizaine d’années, un cycle éruptif. C’est variable, des journées marquées par des émanations et de la sismicité », selon les experts.
Le Nicaragua se situe sur la ceinture de feu du Pacifique, il s’agit d’un alignement de volcans qui borde l’océan Pacifique sur la majorité de son pourtour, soit environ 40 000 kilomètres.
Le Nicaragua est le deuxième pays le plus pauvre d’Amérique, il est très vulnérable aux tremblements de terre, aux tsunamis et aux éruptions volcaniques.
Le gouvernement n’a pas émis aucun avertissement, car « Il n’y a aucune alerte exagérée », bien que « nous soyons prêts au cas où il est nécessaire de procéder à une évacuation », a déclaré la première dame, Rosario Murillo.
Les autorités ont recommandé aux habitants de nettoyer le sable volcanique tombé sur les toits de leurs maisons, son accumulation pourrait fragiliser la structure, il faut également être vigilants avec les conteneurs comprenant de la nourriture et de l’eau, et se tenir au courant des recommandations de la SINAPRED.
COLOMBIA
Vingt ans après sa mort, le culte de Pablo Escobar demeure à Medellín
Plus de 20 ans après sa mort, le capo de la drogue Pablo Escobar fait l'objet d'un véritable culte à Medellín, en dépit de tout le «mal qu'il a fait à la Colombie».
À l'ombre des arbres du cimetière d'Itaguï, à l'écart, une sépulture se distingue des pierres tombales grises posées sur la vaste pelouse qui domine Medellín, ville dont Escobar avait fait son QG et qu'il a mise à feu et à sang.
Là, sous de sobres ardoises noires et gravillons blancs, repose celui qui fut l'un des hommes les plus craints et les plus riches de Colombie, au point de proposer de payer la dette publique du pays en échange de sa tranquillité.
Né un 1er décembre en 1949, Pablo Escobar est tombé un 2 et a été enterré un 3, en 1993. Chaque année, durant ces trois jours, les visiteurs se font plus nombreux sur la tombe du baron de la cocaïne.
De tous âges, de tous pays, ils viennent du Pérou, voire du lointain Kurdistan, en touristes, d'autres en voisins fervents. «Pablo Escobar était un dieu. Même s'il a fait beaucoup de mal à la Colombie. C'était un personnage complexe, capable d'aimer et de haïr avec la même force», déclare à l'AFP Jorge Londoño, 28 ans.
Il vit loin, dans une banlieue pauvre, mais il a tenu à être là, revêtu de son plus beau pantalon type camouflage.
Caveau de famille pour «le patron»
La veille, Luz Maria, soeur d'Escobar, a déposé un bouquet sur la stèle où sont simplement gravés le nom de son frère et ses dates de naissance et de mort. Le capo repose en famille auprès de ses parents Hermilda et Abel, de son frère Luis Fernando, de sa nourrice Teresa et de son garde du corps Alvaro tombé avec lui sous les balles de la police.
«C'était le patron!», sourit Veronica Pajon, 30 ans, styliste de mode. John Fredy Gil, prêtre, estime que «le pardon est fondamental pour guérir les blessures du passé».
Ivan Hernandez, lui, n'ira au cimetière que jeudi. Pour l'heure, à l'autre bout de la ville, il se repose dans son fauteuil à bascule, à une volée de marches d'une immense fresque murale: «Bienvenus au quartier Pablo Escobar».
Entourée de deux pochoirs du visage du capo et sous la protection d'une statue de l'Enfant Jésus, elle proclame «Ici, on respire la paix!». Chapeau de paille vissé sur la tête, don Ivan, 66 ans, est un notable de ce quartier, construit il y a 30 ans par le narcotrafiquant pour les miséreux de la décharge de Moravia.
«Un jour, Pablo Escobar nous a fait appeler et nous a dit: "Ce quartier est pour qu'y vive la communauté. Les maisons sont au nom des femmes parce que si les hommes s'en vont, elles auront un lieu où élever leurs enfants"», raconte-t-il.
Un quartier à son nom en plein Medellín
Il n'y avait ni eau ni électricité lorsque les chiffonniers de Moravia se sont installés, un jour à l'aube pour devancer les bulldozers de la municipalité qui entendait détruire ce symbole de la puissance d'Escobar.
Aujourd'hui, pas moins de 6600 maisonnettes colorées s'étagent sur la colline, parcourue d'interminables escaliers de béton brut.
Irene Gaviria, 88 ans, voue un véritable culte à celui grâce auquel elle a eu un jour un toit décent sur la tête. «Il a été très bon pour nous», dit-elle, sortant avec émotion deux portraits d'Escobar d'un coffret de bois où elle conserve quelques photos de famille.
Beaucoup de touristes passent ici, certains amenés par «Carrieton», l'un des hommes de confiance du chef du Cartel de Medellín.
«Je ne pouvais faire autrement que continuer avec le patron», explique-t-il tout en refusant de donner son vrai nom. «Le patron» ne fait néanmoins pas l'unanimité dans le quartier. «Pour moi, c'est un symbole du mal. Il a tué tant de gens», s'insurge Diego Holeunin, 31 ans. Ce mécanicien ne s'en réjouit pas moins d'avoir son atelier en face de la fresque. «Cela m'amène plus de gens», dit-il en riant.
BRAZIL
Brésil : Rousseff qualifie la procédure de destitution de «coup d'État»
La présidente de gauche du Brésil, Dilma Rousseff, a qualifié vendredi de « coup d'État » la procédure de destitution lancée contre elle au parlement mercredi soir, pour maquillage des comptes publics.
« Nous devons défendre la démocratie du coup d'État », a affirmé vendredi la chef de l'État qui est la cible de cette procédure enclenchée il y a deux jours par le président ultraconservateur de la Chambre des députés, Eduardo Cunha.
La présidente s'exprimait lors d'une cérémonie avec des fonctionnaires du secteur de la santé qui s'est transformée en acte politique.
« Non au coup d'État! » et « Dehors Cunha! » scandaient les fonctionnaires.
« La procédure d'impeachment n'a aucun fondement. Je vais défendre mon mandat avec tous les instruments prévus dans notre État démocratique de droit », a-t-elle souligné.
La chef de l'État n'a pas été impliquée directement dans des affaires de corruption mais un groupe de juristes a demandé qu'elle soit soumise à un processus de destitution pour avoir autorisé des dépenses publiques supplémentaires sans le feu vert préalable du Parlement.
La demande a été acceptée par M. Cunha, farouche adversaire de la présidente, qui fait lui-même l'objet d'une enquête pour corruption dans le cadre du scandale au sein du géant public pétrolier, Petrobras.
Inquiète du manque de marge de manoeuvre pour gouverner le pays plongé dans une crise économique et politique, Mme Rousseff veut accélérer la procédure.
« La présidente veut que cela aille vite. Sa hâte découle de sa préoccupation pour le gouvernement et le pays afin qu'il poursuive son développement », a déclaré son chef de cabinet Jacques Wagner jeudi soir.
Ministres et députés du parti présidentiel ainsi que l'ancien président Luiz Inacio Lula da Silva (2003-2010) se sont mobilisés pour accélérer le processus qui pourrait s'étendre sur plusieurs mois et paralyser un peu plus le pays en pleine récession économique, alors que la présidente est au plus bas dans les sondages.
« Nous devons résoudre cela le plus vite possible », a déclaré Lula qui, comme les parlementaires de la coalition gouvernementale, veut suspendre les vacances d'été (austral) du parlement du 22 décembre au 1er février.
Le gouvernement pense pouvoir obtenir facilement les 172 voix (sur 513 députés) nécessaires pour empêcher que la procédure soit acceptée en séance plénière au Congrès ce qui obligerait Rousseff à abandonner ses fonctions.
L'opposition veut faire traîner les choses pour fragiliser la présidente, pariant sur la mauvaise passe de l'économie qui la rend de plus en plus impopulaire
PERU
Pérou: une province en état d'urgence pour lutter contre le crime organisé
Le Pérou a placé en état d'urgence la province de Callao, voisine de la capitale, où se situent les principaux port et aéroport du pays, afin de combattre l'explosion des violences liées au crime organisé.
«J'ai décidé, à propos de cette situation (...) dans le Callao, que soit déclaré l'état d'urgence pour combattre la délinquance et mettre de l'ordre comme il se doit», a dit vendredi à la presse le président Ollanta Humala, à l'issue d'une rencontre avec des entrepreneurs.
La déclaration d'état d'urgence, qui doit en principe durer 45 jours, était réclamée par des responsables politiques et des représentants de la société civile.
Vendredi matin, le gouverneur de la province, Felix Moreno, avait également plaidé en faveur, afin de pacifier le Callao.
L'état d'urgence implique notamment la suspension du droit de réunion et de l'inviolabilité du domicile. L'armée peut également être appelée en renfort de la police.
Les chiffres de la délinquance et de l'insécurité dans la province de Callao se sont détériorés ces derniers mois en raison des agissements de bandes criminelles qui s'adonnent au trafic de drogue et à l'extorsion.
Selon des données officielles, 6,7 assassinats se produisent au Pérou pour 100 000 habitants - un taux multiplié par trois au Callao. Depuis le début de l'année, 150 plaintes pour homicide y ont été déposées.
CHILI
Plus de 300 baleines retrouvées échouées en Patagonie
Plus de 300 baleines ont été trouvées mortes dans un fjord isolé de la Patagonie chilienne, à l'extrême sud du pays, ce qui pourrait constituer l'un des plus grand échouage de cétacés jamais constaté, ont annoncé mardi des chercheurs.
«C'était une vision apocalyptique. Je n'avais rien vu de semblable», a déclaré à l'AFP Vreni Häussermann, la directrice du centre scientifique Huinay, qui a participé à l'expédition ayant trouvé les baleines échouées.
Ces chercheurs ont mis en place cette expédition après la découverte en avril d'une vingtaine de baleines d'une espèce protégée qui avaient été trouvées mortes dans cette région du Chili, à quelques 2000 km au sud de la capitale, Santiago.
Ces premières baleines appartenaient à l'espèce protégée «Sei», autrefois très prisée par la pêche et qui peut mesurer jusqu'à 16 mètres de long et peser 30 tonnes.
Lors d'un vol de reconnaissance, réalisé en juin au-dessus de la zone par cette équipe de scientifiques, ils ont pu observer un nombre bien plus élevé de cétacés morts.
«Nous avons pu compter 337 baleines mortes, en incluant les cadavres et les squelettes», a déclaré Vreni Häussermann à l'AFP. Outre le survol, des photos aériennes et satellites ont été utilisées pour parvenir à ce total.
«Il y a encore de nombreuses zones que nous n'avons pas pu atteindre, il est donc probable qu'il y ait davantage de baleines mortes», a ajouté Häussermann.
L'endroit où ont été trouvées les baleines est un fjord très difficilement accessible.
Les causes de ce phénomène d'échouage massif, qui pourrait être l'un des plus important jamais enregistré par des scientifiques, seront expliquées prochainement dans la revue National Geographic, qui a financé le survol.
Les scientifiques à l'origine de la découverte avaient souligné qu'aucune des baleines ne portait de traces de blessures, privilégiant la piste d'un excès d'algues ou d'un virus.
Par ailleurs, une enquête des autorité chilienne après la découverte du mois d'avril avait écarté toute intervention humaine dans la mort des cétacés.
Cette trouvaille scientifique intervient alors que se tient en ce moment à Paris la COP21, la conférence mondiale sur le climat qui doit traiter notamment de l'importance des océans dans cette problématique.