Pendant 66 ans, Félix Rodes qui fut à deux reprises bâtonnier de l’ordre a été jusqu'à sa dernière plaidoirie en septembre 2014, un géant du barreau. Du droit français, Il connaissait toutes les subtilités .Il pouvait avec ce talent oratoire hors pair qui était le sien , son immense culture, cette verve qui le caractérisait mettre en pièces les dossiers d’accusation le plus complexes.
Il prête serment en 1948, et dés le début des années 50 il rentre en Guadeloupe pou exercer cette profession d’avocat qui fest sa passion. En 1957 avec son frère Henri, il crée « Le Progrès Social » , qui est à l’époque un hebdomadaire nationaliste résolument anticolonialiste où il signe chaque semaine, sous le pseudo de Brutus des édito au vitriol. « Le Progrès Social » qui se définit comme étant « l’organe d’informations de défense des intérêts guadeloupéens.. » est systématiquement l’objet de poursuites de la part du pouvoir colonial. Dans les années 60 , le « journal des frères Rodes », comme on le surnomme, totalisera un nombre impressionnant d’interdiction et de saisie. Félix Rodes, qui est très proche du Groupe d’Organisation Nationale de la Guadeloupe ( GONG) sera d’ailleurs arrêté à Basse Terre le 6 juin 1967, quelques jours à peine après les massacres perpétrés à Pointe à Pitre par les légionnaires français. Il a 42 ans. De son séjour dans les geôles coloniales, Félix Rodes, publiera dés sa sortie « Liberté Pour la Guadeloupe, 169 jours d e prison » un ouvrage indispensable pour comprendre l’itinéraire de cet homme, ses convictions, son engagement pour son pays / extraits :
« Vieille colonie français, ayant échappé au naufrage de deux empires la Guadeloupe, est depuis 1946 un département d’outremer (DOM). Ce mot étrange est utilisé à une seule fin.Quand le gouvernement de la République entend refuser aux Guadeloupéens le bénéfice d’une disposition appliquée en France., il rappelle aux élus de la Guadeloupe que leur territoire est un DOM. Lorsque les guadeloupéens revendiquent le droit de gérer eux mêmes et seuls leurs propres affaires, le ministre d’état chargé des DOM, leur précise que la Guadeloupe est un département français »
Une fois libéré, Félix Rodes, poursuivra sans relâche le combat pour la liberté de son pays. Sur le plan professionnel, son amour de la justice, son anticolonialisme et ses inlassables plaidoiries en faveur des plus humbles, feront de lui véritablement l’avocat du peuple .Il a été de tous le procès anticolonialistes. Ceux des militants du Groupe Guadeloupéens d e Libération Armée (GLA),puis de ceux des membres d de l’Alliance Révolutionnaire Caraïbe (ARC). Plus récemment en 2004, on le retrouve avec de plus jeunes avocats : Roland Ezelin, Patrice Tacita, sa fille Brigitte Rode.., défendant avec brio la cause du militant UGTG Michel Madassamy
Bien avant au début des années 90, Felix Rides a été le 1er président et membre fondateur du Comité International de Peuples noirs (CIPN)
Depuis quelques années, sa 2é passion, l’écriture de s faits historiques de son pays, l’avait conduit à publier des ouvrages qui avec les innombrable minutes des procès des sources documentaires d’une grande importance : « Bagatelles avant et après un massacre » (Éditions Nestor) qui peut être considéré comme une œuvre presque auto biographique traçant assez fidèlement son parcours.
Citons encore l’imposant (660 pages!) du « Décret du 16 pluviose an II » ( éditions Nestor) qui est comme son titre l’indique, un ouvrage historique, racontant par le menu comment sous l’impulsion de 2 hommes, dont la « couleur tire vers le noir » et un blanc, sera ratifié le décret de la 1ere abolition de l’esclavage des nègres sur tout le territoire de la colonie : le 4 février 1794 ; Enfin, Félix Rodes qui n’a pas été qu’un avocat anticolonialiste a consacré l’an dernier un ouvrage à la saga de Patrick Thimalon, bandit Guadeloupéen » (éditions Nestor). Avec les édito du Progrès social des années combattantes, Félix Rodes liasse aux générations a venir un héritage juridico politique d’une inestimable valeur.

