Le 13 juin 2015, le 1er ministre français Manuel Valls, le tout nouveau président du conseil départemental de Mayotte signaient en grande pompe un document dense intitulé ‘’Mayotte 2025’’. Ce document stratégique engageant Mayotte sur dix ans et conditionnant toute réalisation à son seul respect exclusif, n’a fait l’objet d’aucun débat au sein des élus, et de l’aveu même de tous, le président lui-même ne l’avait pas lu. Pour mémoire la synthèse de ce document est élaborée par des expatriés fraichement débarqués, deux cadres maoraises réduites ‘’je vais en rendre compte’’ (à qui?), sous la présidence d’un préfet manifestement et toujours ailleurs ; le document en lui-même ne comporte rien de concret. Malgré cela le président l’a fièrement signé en grand garçon responsable faisant confiance totale à la France et soucieux surtout d’exposer sa déférence absolue et ‘’républicaine ‘’. Il a sûrement été séduit et a cru (le pauvre!) aux premières pages du document où l’on insiste sur les vœux de Hollande et la ‘’large campagne d’information et de communication menée de concert par les pilotes des ateliers et des services de l’Etat’’, (encore une fois le pauvre!), à moins que ces informations et communications ne soient adressées qu’à lui car il adore se laisser convaincre facilement, et excelle dans l’art de convaincre les autres avec des jolis mots dont il a le secret; c’est quand même un érudit, le président, qui plus est, est REPUBLICAIN convaincu, enfin parait-il selon les dires ; et comme il sait le faire, il a convaincu, et la brigade d’applaudissement a pris le relais et a suivi.
MAIS EN FAIT QUI DIRIGE L’ILE ?
En tout cas pas les élus, réduits à colorer le paysage politique mis en avant pour des broutilles du genre drapeau et hymne, mais ignorés sur les questions de fond telles la cherté de la vie, la terre, les impôts, …. Ce n’est pas un hasard si les Français délaissent ce terrain politique au Maorais, à l’exception de quelques Mzungus marginaux, tels J.F. HORY, DE CAZENEUVE, ….., des rêveurs que l’histoire a classés dans des poubelles depuis les années cinquante. On pouvait penser que c’est l’administration coloniale. Non, celle-là ne fait qu’exécuter les décisions et orientations, en y ajoutant le concours ‘’républicain’’ et le vernis ‘’légal’’. L’administration coloniale va se charger de fournir des postes de cadres aux expatriés (pour eux pas besoin de passer par Pole Emploi), d’adresser une immunité ou une impunité à une activité qui sortir un tant soit peu des valeurs humaines, comme ne pas appeler profanation et blasphème l’introduction d’une tête de cochon dans une mosquée, justifier le laisser en liberté gendarmes et policiers vendeurs d’une drogue dure qui a déjà tué, entretenir la fange au niveau des trafics des papiers de toutes sortes, …… et bien entendu ouvrir des perspectives géostratégiques stables dans la région, bases et conditions de l’expansion économique des multinationales françaises pouvant entretenir une présence française convoitée voire européenne dans cette partie du monde très convoitée, donc très sensible. L’administration coloniale est un outil du capitalisme colonial dont le rôle consiste à donner un vernis ‘’légal’’, on dit même parfois ‘’démocratique’’ à tous les actes de banditisme qui, en France serait hors-la-loi.
Les agents de l’administration coloniale, ceux là mêmes qu’Y. Salesse dans son ouvrage sur Mayotte, qualifie de ‘’… de moins que rien’’ sont réduits à des êtres sans âme dont le seul souci est un bon CV dans le cercle bien restreint où l’expérience ne s’avoue jamais, le souci étant le retour triomphant et la conviction (f. Bob Denard) ‘’d’avoir bien servi la France’’. Petite remarque, l’administration préfectorale tend de plus en plus à se militariser avec des administrateurs venant de l’armée et de la police.
La superstructure dirigeante est un groupe réactionnaires français sans âme ni idéologie, de gauche et de droite, des individus extrémistes issus de tous milieux professionnels et administratifs, une nébuleuse disposant de tous les moyens même ceux de l’état français (matière grise, moyens financiers, matériels, juridiques, militaires…), la seule condition est la suprématie de la civilisation occidentale. Manuel Valls l’a dit, Guéan parle de civilisations inégales, Jules Ferry démocrates en France et négrier pour les colonies comme la grande majorité des Français, ect… La mafia coloniale de Mayotte œuvre à asseoir dans l’île une suprématie totale, raciale, politique, économique, culturelle sur l’île et ses habitants comme le Klu Klux Clan aux Etats Unis. (A suivre)
Front Démocratique, à Maoré, le 21 juillet 2015