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La mémoire au service des luttes : bon anniversaire Angela

La mémoire au service des luttes : bon anniversaire Angela

Il y a 72 ans, le 26 janvier 1944, naissait notre camarade et sœur Angela Yvonne Davis à qui nous souhaitons longue vie et un heureux anniversaire. Née dans l’Alabama à une époque où sévit encore la ségrégation raciale, elle est témoin dans son enfance des incendies des maisons habitées par des noirs qui sont si nombreuses que son quartier est dénommé « Dynamite Hill ». Ses parents sont membres de National Association for the Advancement of Colored People (NAACP), ce qui contribue à son éducation politique. Elle fréquente une école primaire réservée aux noirs puis se rend à New-York pour ses études secondaires. Elle est hébergée par le pasteur William Howard Melish, opposant aux politiques maccarthyste. Les enseignants de l’école secondaire « Elisabeth Irwin » sont pour la plupart interdits d’enseignement dans les écoles publiques du fait de leur engagement à gauche. Ils lui font découvrir le marxisme ce qui l’aidera, dit-elle, « à replacer les problèmes du peuple noir dans le contexte plus large d’un mouvement de la classe ouvrière ». C’est à cette époque qu’elle s’engage pour la première fois dans une organisation de jeunesse communiste. Entrant à l’université en 1962, elle est une des trois étudiantes noires dans sa promo de première année. Elle a notamment comme enseignant James Baldwin. Elle se rend en 1965 à Francfort pour étudier la philosophie et y prépare une thèse sous la direction du célèbre Adorno. Pendant ce séjour elle milite contre la guerre du Vietnam. Le développement du mouvement du Black Power l’incite à rentrer aux USA pour y participer. Elle reprend sa thèse à l’université de San Diego sous la direction de Marcuse.

Sa première arrestation est liée à la guerre du Vietnam. Elle d’investie dans la création d’un conseil des étudiants noirs de l’université de San Diego. Elle s’oppose aux séparatistes noirs qui pensent que la libération du peuple noir doit passer par une séparation de la société blanche et la fondation d’une Nation Noire sur le sol américain ou africain. Elle refuse également l’intégrationnisme de Martin Luther King. Pour elle, la lutte de libération des Noirs doit s’insérer dans le mouvement révolutionnaire pour changer de système. Elle adhère en 1968 au club Che-Lumumba, une organisation réservée aux noirs liée au parti communiste. Elle adhère également à la même période au Black Panther Party, qui, comme elle, refuse également l’intégrationnisme et le séparatisme.

Pendant ces premières expériences militantes, Angela se heurte au sexisme tant du mouvement militant blanc que du mouvement nationaliste noir. De cette époque date son engagement féministe tant sur le plan théorique avec sa contribution à ce qui a été appelé le « black féminism », que sur le plan militant. Elle défend l’idée qu’un authentique mouvement de libération doit lutter contre toutes les formes de domination : l’homme noir ne peut se libérer s’il continue d’asservir sa femme et sa mère. Cet engagement la conduira à participer à de nombreuses mobilisations. En particulier elle dénonce la loi d’interdiction du foulard à l’école en France qu’elle considère comme une « loi raciste » qui « vise d'abord les femmes, et devrait aboutir à exclure les plus vulnérables d'entre elles du monde du travail et de l'éducation ».

Ses engagements lui valent une surveillance serrée du FBI et conduisent à son exclusion de son poste d’enseignant à l’université UCLA de Californie. Elle s'investit dans le comité de soutien aux Frères de Soledad, trois prisonniers noirs américains accusés d'avoir assassiné un gardien en représailles de l'assassinat d'un de leur codétenu. Elle est accusée d'avoir organisé une prise d'otages dans un tribunal dont l'issue a été meurtrière : Jonathan Jackson, le jeune frère de George Jackson, le juge et deux autres prisonniers sont tués après que la police a ouvert le feu sur leur véhicule. Contrainte à la clandestinité, elle est arrêtée deux semaines plus tard et emprisonnée. Elle est d'abord placée dans une cellule d’isolement aménagée mais entame une grève de la faim pour exiger son placement avec les autres détenues. Après dix jours de grève, elle obtient sa satisfaction du fait d’un vaste mouvement mondial pour sa libération qui réunit des millions de personnes. Cette mobilisation aboutit à un nouveau procès et à son acquittement.

Sortie de prison, elle multiplie les publications en soutien au peuple vietnamien, contre le racisme et le sexisme institutionnel et contre le système carcéral. Elle n’a jamais cessé depuis d’être de tous nos combats contre les dominations de classe, de race et de genre. Bon anniversaire sœur et camarade.

Source FUIQP


Angela Davis nous parle de son combat (Octobre... by Nzwamba

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