Depuis de nombreuses années et en particulier, depuis 1998 (année du 150ème anniversaire, en France, de « l’abolition de l’esclavage ») le COFFAD ne cesse d’interpeller les différents gouvernements et parlementaires pour indemniser individuellement et réparer financièrement et symboliquement les graves préjudices que ne cessent de subir les Africains et les Afro descendants du fait de ces tragédies des siècles des déportations, d’esclavage et de colonisation.
En effet, les tentatives de réponses à la question de réparations à devoir à l’Afrique, aux Africains et à leurs Descendants victimes de la traite négrière transatlantique (le YOVODAH) avaient abouti à la mise en place par l’O.U.A. (Organisation de l’Unité Africaine), en 1992, d’un Groupe de Personnalités Eminentes (GPE) « chargé d’étudier les modalités d’une campagne menée par l’Afrique en vue d’une indemnisation ».
Depuis la Conférence des Nations unies contre le racisme en août - septembre 2001 à Durban, en Afrique de Sud (Conférence à laquelle nous avions participé à titre officiel) *, des associations et personnalités africaines et caribéennes se mobilisent à travers le monde pour réclamer justice et réparations.
Les réparations financières et individuelles accordées, à juste titre, par l’Occident à d’autres communautés, comme, par exemple dans le cas des Juifs et dans celui des Américains d’origine japonaise internés durant la seconde guerre mondiale, confortent les Africains et les Afro descendants dans leur détermination. Elles mobilisent partout les universitaires, les juristes, les journalistes, les artistes, et certains hommes ou femmes politiques. Aux Etats-Unis d’Amérique, dans les Caraïbes, en Afrique, avec le soutien d’éminents juristes, les mouvements associatifs préparent des actions en justice visant les Etats, les héritiers, les institutions, les compagnies industrielles, commerciales ou d’Assurances qui ont tiré profits des Déportations des Africains, d’esclavage, et de la colonisation.
Dans le cadre strict des Institutions de la République française et du Droit international, le COFFAD a créé un Comité de Réflexion sur les Réparations chargé d’étudier avec les Etats concernés et leurs différentes institutions les modalités concrètes et pratiques pour indemniser individuellement et réparer financièrement les graves préjudices que subit chaque Africaine et chaque Africain, ainsi que chacun de leurs Descendants de la Diaspora, notamment dans les DOM TOM. Ainsi, le montant de l’indemnisation financière, à titre symbolique, sera fixé juridiquement au profit de chaque victime enregistrée ou au profit de ses ayants droits.
A cette dimension financière, symbolique et individuelle d’indemnisation, viendront s’ajouter d’autres réparations d’ordre moral et matériel, englobant la réhabilitation de la mémoire des victimes dans les manuels scolaires et la constitution du capital d’une Fondation pour dresser des autels et ériger des monuments ou musées à la mémoire des victimes partout et aux hauts lieux des Déportations des Africains durant les siècles de la traite négrière transatlantique (le YOVODAH).
En effet, l’Allemagne en particulier, les Occidentaux en général (notamment la France), ont, à juste titre, accepté de verser des indemnisations des préjudices et des réparations matérielles et financières à l’Etat d’Israël et aux Juifs victimes des crimes nazi (crimes contre l’humanité).
Il est injuste et inadmissible que ces mêmes Occidentaux refusent des réparations et indemnisations à l’Afrique et aux Africains et leurs descendants victimes de la traite négrière transatlantique (le YOVODAH) reconnue également comme crimes contre l’humanité. Les Africains et leurs descendants n’accepteront pas cette injustice.
Les actuels Etats occidentaux sont entièrement responsables des crimes commis contre l’Afrique et contre les Africains.
La détermination du COFFAD pour l’obtention des réparations ne se fonde pas essentiellement sur la culpabilité de l’Occident contemporain mais sur sa responsabilité. Car, suivant les règles du droit international institué par le même Occident, les nations sont tenues d’endosser la responsabilité des actes et également des dettes contractées auprès d’autres nations et d’autres peuples, mêmes si les gouvernements de chaque pays ont changé depuis le moment où ces actes et ces dettes ont été contractées.
Le combat africain pour les réparations s’impose d’autant plus qu’il y va de la survie des Africains en Afrique, dans sa diaspora et dans le monde.
« LE PECHE DU PAPE CONTRE L'AFRIQUE» (Jésus-Christ outragé, l' Afrique courroucée) ; Ed AI qalam- Paris; Auteur: Assani FASSASSI